DIAGNOSTIC
février 2008
Le territoire communal est petit, avec une superficie de 51,5 km2. Mais la conjugaison de reliefs et de zones humides a doté la commune d’un patrimoine varié sur le plan faunistique et floristique. Les pressions démographiques et l’urbanisation ont érodé la richesse de celui-ci. Les zones humides, bien qu’elles servent à la fois de siège à une diversité biologique, fonctionnellement en rapport avec le littoral maritime, et d’exutoire aux eaux de ruissellement, voient leurs surfaces réduites chaque année.
A l’origine rurale, la commune de Remire-Montjoly est désormais cantonnée à un rôle résidentiel et suburbain au sein de la vaste agglomération de l’Ile de Cayenne. La commune est passée, selon l’Insee, de 6.773 habitants en 1982, à plus de 18000 en 2004, et totalise plus de 6 000 enfants scolarisés. Depuis 1970, c’est une urbanisation difficilement contrôlée qui se manifeste. Rémire-Montjoly subit plus qu’elle n’impose une occupation des sols et ne peut mettre en oeuvre une politique d’offre foncière et de logements suffisante pour développer une trame urbaine correspondant à un programme d’aménagement viable socialement et écologiquement.
Le niveau social aisé est fréquent sur la commune avec une habitation de type individuel, pavillonnaire. On y trouve des fonctionnaires, des professions libérales…qui viennent s’installer à Rémire-Montjoly en opérant l’acquisition d’une résidence. Il y a peu de logements sociaux, des poches d’insalubrité. A coté d’habitants immigrés à la situation sociale et sanitaire précaire, il y a une population modeste qui est à l’origine de la commune. Tous ces résidents se trouvent aujourd’hui de plus en plus marginalisés en termes de services locaux et d’accès aux aménités (agréments) fournis par le patrimoine communal... Cette non-maîtrise de l’aménagement communal a engendré des difficultés croissantes sur les plans environnementaux et socioéconomiques:
- Du fait de la croissance urbaine, depuis une vingtaine d'années, l'obtention de nouvelles surfaces viabilisables et constructibles se fait au prix d'importantes opérations de remblaiement. Ce, alors que la plupart des secteurs, entre ces reliefs, sont cantonnés entre 2 et 5 m et subissent de plein fouet les aléas conjugués des phénomènes hydrographiques et orographiques sur-intensifiés lors des épisodes aigus de la saison des pluies.
- L’isolement des quartiers et l’absence de transports collectifs conjugués à une saturation des axes principaux de la commune.
- L’absence d’une politique économique basée sur les spécificités de la commune au regard du reste de l’agglomération de l’île de Cayenne.
a. Le problème de l’urbanisation incontrôlée et de la perte d’une société locale.
A Rémire-Montjoly, c'est l'habitat individuel qui prédomine, soit en groupé soit en diffus. Son développement rapide, qui n’a pas été encadré par un plan d’urbanisme et d’aménagement exigeant, a engendré de nombreuses nuisances :
- Les pressions importantes sur l'environnement, les déforestations illégales, les dépôts sauvages, les pollutions du milieu aquatique et les inondations temporaires se multiplient.
- De nombreux quartiers et lotissements se retrouvent sans voirie secondaire les reliant entre eux et sans desserte de transport, ce qui entraine un isolement social et l’anonymat.
- L’absence, dans le bourg, d’un centre, associant animations culturelles, et de petits commerces (cafés, librairies, boutiques de produits locaux, etc ...) a engendré la dégradation du tissu culturel, la perte des liens sociaux et la transformation du territoire communal en une morne banlieue de Cayenne.
On peut dire que depuis trente ans, l'urbanisation s'est réalisée en s'appuyant essentiellement sur une conquête des zones inondables ou marécageuses, au moyen du remblaiement, soutenue par une importante spéculation foncière qui porte atteinte à la qualité de vie d'une partie croissante de la population en dégradant le lien social et le creuset socioculturel créole. Jusqu'à ce jour, l'existence du Plan Local d’Urbanisme (PLU), qui a pourtant vocation à soutenir un projet de vie communal, est resté inefficace en matière de gestion foncière et de maîtrise de l’étalement urbain.
b. Les atteintes à l’environnement
Le développement de l'urbanisation, en dehors d'un cadre de référence commun à l'agglomération, s'est effectué par la conquête progressive de zones initialement dévolues à l'activité agricole et de zones naturelles protégées (zones boisées, marais). Les reliefs boisés sont peu à peu colonisés, ce qui diminue considérablement le taux d'infiltration des eaux dans le sol, favorise l'érosion et facilite les glissements de terrain. La récente catastrophe de la route de Cabassou (octobre 2000) est en partie due à une mauvaise maîtrise de l’usage des sols. Le risque d’accident est identique sur tous les reliefs de la commune ainsi que dans toutes zones anciennement inondables du territoire communal qui, pourtant dés 1975, étaient considérées comme devant constituer les coupures vertes d’un schéma d’aménagement urbain de qualité. Aujourd’hui, on ne peut plus taire aux administrés que le réchauffement climatique aura également des conséquences sur l’Ile de Cayenne. Le nombre de phénomènes exceptionnels sur le plan océanique et pluviométrique va augmenter et, conjugué à l’imperméabilité croissante des sols communaux, multiplie les risques d’atteinte aux biens et aux personnes. Cette prospective doit encadrer les choix d’urbanisation de la commune. Dés lors, la gestion des eaux de ruissellement et le développement des canaux de collecte devront être prioritaires dans les prochains plans de l’aménagement communal.
c. Le problème majeur des transports comme symbole principal de l’absence de projet d’aménagement communal.
La commune se trouve confrontée au double problème de la saturation de son réseau routier ainsi qu'à l'absence de solutions de transports collectifs de voyageurs correspondant, en termes de services (fréquences, arrêts, qualité), à une desserte de proximité du territoire communal. Aujourd’hui, le transport collectif de personnes est réduit à une dizaine de « taxi co » (mini-bus) qui ne desservent pas les quartiers et sont en position de force par rapport à une clientèle modeste n’ayant pas les moyens de faire valoir leurs souhaits en matière d'horaires, d'itinéraires, de points d'arrêt, de confort et de sécurité.
d. Les enjeux économiques.
Sur le plan social, un seul chiffre rappelle les enjeux à venir pour la prochaine décennie. En 1999, 50% de la population avait moins de vingt ans. Officiellement, 30% de la population est au chômage (INSEE 2007). Le contexte économique est chroniquement déprimé du fait des contradictions internes du statut départemental. Aujourd’hui, en ce qui concerne la commune, celle-ci devra se tourner, pour offrir de nouveaux emplois, vers la valorisation économique de son important patrimoine naturel et culturel.
Synthèse :
Face aux difficultés multiples auxquelles doit faire face le territoire communal, l’ensemble de la population, quelque soit sa situation sociale, aspire à la mise en oeuvre d’un projet communal qui réponde à leurs désirs de services de proximité et de qualité de vie.
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